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Reporters Without Borders
Press release
19 April 2007
ETHIOPIA
 
Two Eritrean journalists captured in Somalia are shown in video  
posted on pro-government website in Ethiopia
 
A video published on an Ethiopian pro-government website on 13 April  
includes footage of two Eritrean state TV journalists, cameraman  
Tesfalidet Kidane Tesfazghi and reporter Saleh Idris Gama, who have  
been held in secret since their arrest late last year in Somalia.
 
“We are certain of their identity and of the fact that they are  
professional journalists who were sent to Somalia to work for the TV  
station that employs them,” Reporters Without Borders said today.  
“That foreigners, including Eritreans, fought alongside the Union of  
Islamic Courts and are now prisoners of war is one thing. But  
Tesfalidet and Saleh were not combatants and should not be used to  
settle scores between Ethiopia and Eritrea.”
 
The video is a three-part documentary criticising Eritrea’s  
involvement in last December’s fighting in Somalia alongside the  
Union of Islamic Courts (UIC). Posted on the Ethiopian pro-government  
side Waltainfo.com and bearing the copyright of the Ethiopian public  
TV station ETV, it condemns the presence in Somalia of “foreign  
fighters” who were captured by the Ethiopian and Somali armies.
 
With commentary that is very critical of Eritrean President Issaias  
Afeworki, the documentary uses interviews with Eritrean citizens,  
including the two journalists. Their Eritrean passports are shown and  
what they say on camera, in Tigrinya, is simultaneously translated  
into Amharic.
 
Tesfalidet is shown wearing a blue tracksuit top and “seems tired,”  
according to one of his friends, now living in exile. He recounts how  
he was summoned to Asmara airport last December to go on a trip  
without knowing where. He only realised it was Mogadishu when they  
landed.
 
At one point – a remark that is not translated into Amharic by the  
filmmakers – he describes “laying my camera on the ground” on his  
arrival in Somalia, and at the same time he mimes putting something  
down. The interview, filmed while he was held in Ethiopia, is  
captioned: “Tesfalidet Kidane Tesfazghi, a ‘shabia’ soldier captured  
during the war.” Shabia literally means “popular” but it is used as  
nickname for the Eritrean regime.
 
His exiled friend told Reporters Without Borders: “Tesfalidet Kidane  
is a staff cameraman with Eri-TV and was imprisoned arbitrarily by  
the Eritrean government several times, in 2005 and 2006.”
 
A former Eri-TV journalist now in exile told Reporters Without  
Borders: “It is not surprising that these journalists were not told  
what their final destination was. This is standard practice in the  
public media, when the information ministry wants to maintain  
secrecy. The same thing happened to me several times, being sent  
somewhere in the provinces without knowing why.”
 
He added that the state TV station does not have the resources to  
broadcast live from outside the country and “probably decided to send  
a crew to Somalia in anticipation of a UIC victory over the  
transitional federal government.”
 
Saleh, who normally presents an Eri-TV news programme on “patriotic”  
youth, is described in the video as a “lieutenant and brigade  
administrator, captured during the war in Somalia.” Footage of some  
of his programmes, in which he is seen wearing Eritrean uniform, is  
included in the video. His account is very similar to that of  
Tesfalidet. In the interview, filmed while he was being held in  
Ethiopia, shows him wearing a light-coloured shirt and he seems in  
good health.
 
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ETHIOPIE
 
Les deux journalistes érythréens capturés en Somalie apparaissent  
dans une vidéo diffusée sur un site progouvernemental
 
Des images de Tesfalidet Kidane Tesfazghi, cameraman de la chaîne de  
télévision publique érythréenne Eri-TV, et du journaliste Saleh Idris  
Gama, ont été diffusées le 13 avril 2007 dans une vidéo diffusée sur  
un site progouvernemental éthiopien.
 
"Nous sommes certains de l'identité de nos deux confrères et de leur  
qualité de professionnels des médias, envoyés en Somalie pour la  
chaîne de télévision qui les emploie. Que des étrangers, notamment  
des Erythréens, aient combattu aux côtés de l'Union des tribunaux  
islamiques et soient aujourd'hui prisonniers de guerre est une chose.  
Mais Tesfalidet Kidane et Saleh Idris Gama ne sont pas des  
combattants et ne doivent pas servir d'instruments dans les  
règlements de comptes entre l'Ethiopie et l'Erythrée", a déclaré  
l'organisation.
 
Un documentaire en trois parties, dénonçant l'implication directe de  
l'Erythrée dans les combats de décembre 2006 en Somalie, aux côtés de  
l'Union des tribunaux islamiques (UTI), a été posté sur le site  
progouvernemental éthiopien Waltainfo.com. Le film, légendé par un  
copyright de la chaîne de télévision publique éthiopienne ETV,  
dénonce la présence en Somalie de "combattants étrangers", capturés  
pendant les combats par les armées éthiopienne et somalienne. Le  
commentaire s'en prend particulièrement au président érythréen,  
Issaias Afeworki, en s'appuyant sur les interviews de ressortissants  
de son pays, dont les deux journalistes. Leur passeport érythréen est  
filmé. Leur récit, recueilli en tigrinya, est traduit simultanément  
en amharique.
 
Vêtu d'une veste de survêtement bleu, Tesfalidet Kidane qui, selon  
l'un de ses amis vivant en exil, "semble fatigué", raconte qu'au mois  
de décembre 2006, il a été convoqué à l'aéroport d'Asmara pour se  
rendre dans un lieu indéterminé. Il raconte qu'il ne s'est rendu  
compte de sa destination qu'à l'atterrissage à Mogadiscio. Dans un  
passage non traduit en amharique par les auteurs du film, Tesfalidet  
Kidane évoque le fait qu'à son arrivée en Somalie, il avait "posé  
[sa] caméra sur le sol", accompagnant son récit d'un geste des mains  
imitant la pose d'un objet. Son interview, tournée pendant sa  
détention en Ethiopie, est pourtant légendée par l'inscription :  
"Tesfalidet Kidane Tesfazghi, capturé pendant la guerre, soldat  
'shabia'" (littéralement "populaire", surnom du régime érythréen).  
"Tesfalidet Kidane est un cameraman titulaire d'Eri-TV et a déjà été  
plusieurs fois arbitrairement incarcéré, en 2005 et 2006, par le  
gouvernement érythréen", a déclaré son ami à Reporters sans frontières.
 
"Ce n'est pas une surprise que les journalistes n'aient pas été  
prévenus de leur destination finale. C'est une pratique ordinaire au  
sein des médias publics, lorsque le ministère de l'Information  
souhaite conserver le secret", témoigne un ancien journaliste d'Eri- 
TV en exil, consulté par Reporters sans frontières. "Cela m'est  
arrivé plusieurs fois d'être convoqué quelque part dans le pays, sans  
savoir pourquoi." Le même journaliste ajoute que la chaîne de  
télévision, qui n'a pas les moyens de diffuser en direct depuis  
l'étranger, "a probablement décidé d'envoyer une équipe en Somalie en  
anticipant une victoire de l'UTI sur le gouvernement fédéral de  
transition".
 
Saleh Idris Gama, présentateur d'une émission d'information sur la  
jeunesse "patriotique" sur Eri-TV, est présenté comme un "lieutenant  
et administrateur de brigade, capturé durant la guerre en Somalie".  
Des images de ses émissions passées, où le présentateur porte  
l'uniforme érythréen, sont reproduites dans le film. Son récit est  
sensiblement le même que celui de son confrère, Tesfalidet Kidane.  
Lors de son interview pendant sa détention en Ethiopie, Saleh Idris  
Gama est vêtu d'une chemise claire et semble en bonne santé.
 
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Leonard VINCENT
Bureau Afrique / Africa desk
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