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Reporters Without Borders
Press release

23 May 2007

ERITREA

EU urged to adopt targeted sanctions against Issaias on eve of independence day

On the eve of the 16th anniversary of Eritrea’s independence tomorrow, Reporters Without
Borders calls on the European Union to rethink its policy towards what is one of the
world’s most repressive and impenetrable countries and, in particular, to adopt targeted
sanctions against President Issaias Afeworki.

The press freedom organisation finds it incomprehensible that, for example, Zimbabwean
President Robert Mugabe and Belarusian President Alexandre Lukashenko are banned from the
EU but one of Africa’s most brutal dictators was recently received by the European
Commission which, moreover, declared itself “very, very honoured” by his visit.

“Aside from reflecting a double standard, the EU’s new policy towards Eritrea is
disastrous for those who are exposed to the government’s terror and the 13 journalists
who disappeared into Eritrean detention centres in 2001,” Reporters Without Borders said.
“It is inconsistent and dangerous, giving President Issaias the chance to celebrate his
victory, strengthen his grip and continue to renege on his promises with impunity.”

The press freedom organisation added: “Without questioning aid for the Eritrean
population, we think the least that should be done is to no longer allow Eritrea’s
president to come and strut about in Brussels.”

Officially independent since 24 May 1993, this small country in the Horn of Africa is one
of the world’s very few nations with no privately-owned news media. Since 2001, Eritrea’s
hundreds of political prisoners have included at least 13 journalists being held in
undisclosed locations, without trial and without any contact with the outside world.

According to the information obtained by Reporters Without Borders, at least four of them
have died in detention as a result of the terrible condition in which they are being
held. President Issaias is on the Reporters Without Borders list of “press freedom
predators."

Louis Michel, the European commissioner for development and humanitarian aid, received
Issaias in Brussels on 4 May, the day after World Press Freedom Day. Claiming to be
“very, very honoured to receive [him] at the commission,” Michel announced that Eritrea
would receive 122 million euros in aid over five years, for “administrative
capacity-building, infrastructures and food aid.”

The accord has a clause saying that in return, the European Union requests from the
Eritrean government “a constructive approach to the crises in the region and progress on
human rights and press freedom.”

At a joint press conference with Michel in Brussels, President Issaias contemptuously
dismissed critical questions from journalists about human rights. In response to a
question from Reporters Without Borders on the French TV station France 24, Michel
defended his policy towards Eritrea, saying the fate of its imprisoned journalists was
one of the questions systematically raised in bilateral meetings with Issaias, albeit in
vain.

Michel added that the aid was part of a “global strategy for the Horn of Africa” and that
there would be “no solution for any country in the region without a global solution.”

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ERYTHREE

A l'occasion du 16e anniversaire de l'indépendance, Reporters sans frontières appelle
l'Union européenne a prendre des sanctions personnelles contre le président Issaias

A l'occasion du 16e anniversaire de l'indépendance de l'Erythrée, le 24 mai 2007,
Reporters sans frontières appelle l'Union européenne à revoir sa politique envers l'un
des pays les plus fermés au monde et, notamment, à prendre des sanctions personnelles
contre son président, Issaias Afeworki. L'organisation estime incompréhensible que, par
exemple, le président zimbabwéen, Robert Mugabe, ou le président du Bélarus, Alexandre
Loukachenko, fassent l'objet de mesures d'interdiction de circuler sur le territoire
européen, tandis que l'un des dictateurs les plus brutaux du continent africain peut être
reçu par un Commissaire européen qui, de plus, se dit "très, très honoré" de sa visite.

"Au-delà du 'deux poids, deux mesures' de cette politique, la nouvelle approche
européenne de la question de l'Erythrée est désastreuse pour ceux qui subissent la
terreur de son gouvernement et les treize journalistes disparus dans les geôles
érythréennes depuis 2001. Incohérente et dangereuse, cette nouvelle politique offre au
président Issaias Afeworki l'occasion de célébrer sa victoire, d'imposer davantage son
pouvoir et de continuer à renier impunément ses engagements. Sans remettre en cause
l'aide à la population érythréenne, ne plus permettre à l'avenir au chef de l'Etat
érythréen de venir parader à Bruxelles serait la moindre des choses", a déclaré Reporters
sans frontières.

L'Erythrée, officiellement indépendante depuis le 24 mai 1993, est l'un des rares pays du
monde sans presse privée. Depuis septembre 2001, parmi les centaines de prisonniers
politiques, au moins treize journalistes sont détenus au secret, sans procès et sans
contact avec l'extérieur. Selon les informations de Reporters sans frontières, au moins
quatre d'entre eux ont trouvé la mort en prison, suite aux conditions de détention
épouvantables dans lesquelles ils sont maintenus. Le président Issaias Afeworki est
considéré comme l'un des "prédateurs de la liberté de la presse" par Reporters sans
frontières.

Le 4 mai, lendemain de la Journée internationale de la liberté de la presse, le
Commissaire européen au développement et à l'aide humanitaire, Louis Michel, a reçu le
président érythréen Issaias Afeworki à Bruxelles. Se disant "très, très honoré de [le]
recevoir à la Commission", Louis Michel a annoncé l'octroi d'une enveloppe de 122
millions d'euros d'aide sur cinq ans au petit pays de la Corne de l'Afrique, permettant
de "financer prioritairement les programmes de renforcement des capacités
administratives, les infrastructures et l'aide alimentaire". L'accord financier est
assorti d'une clause disant qu'en "contrepartie, l'Union européenne demande au
gouvernement d'Asmara d'adopter une approche constructive dans la résolution des crises
régionales, ainsi que des progrès en matière des droits de l'homme et de liberté de la
presse".

Lors de la conférence de presse commune que les deux hommes ont tenue à Bruxelles, le
président érythréen a balayé avec mépris les questions critiques des journalistes sur la
question des droits de l'homme. Interrogé par Reporters sans frontières sur la chaîne de
télévision France 24 sur sa stratégie vis-à-vis de l'Erythrée, Louis Michel s'est défendu
en affirmant que le sort des journalistes incarcérés faisait partie des questions
systématiquement soulevées dans ses rencontres bilatérales avec le président Issaias,
mais en vain. Selon lui, l'octroi de l'aide financière s'inscrit dans une "stratégie
globale pour la Corne de l'Afrique", estimant qu'il n'y aura "de solution pour aucun pays
de la région sans solution globale".

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Leonard VINCENT
Bureau Afrique / Africa desk
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